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02.09.2008

Rentrée dans le rang

Réformes, nouveautés, relance, renouveau, dynamisme, nouveaux programmes, socle de connaissances, école de la réussite.

Une liste de poncifs martèle l’opinion… égalité des chances, moyens renouvelés, plan informatique pour l’école, soutien généralisé…

A en croire cette énumération, la rentrée 2008 est un cru digne d'un Président de la république garant des valeurs de la démocratie et soucieux de l’éducation des petits Français.

 

Comme chaque rentrée, celle-ci porte l’élan du cycle renouvelé, des nouveaux enseignants, des figures d’élèves nouvelles, de la dynamique porteuse de la nouveauté.

En prenant leurs marques pour une année ensemble, tous ont besoin d’un cadre qui porte les espoirs et réponde à la vocation de l’école de la République d’élever ses enfants, de leur faciliter l’accès au travail et à une vie meilleure.

 

Qu’en est-il et suffit-il de bons mots pour balayer les disparités et les inégalités ?

Il ne s’agit pas seulement d’afficher de bonnes intentions et d'étaler à grands renforts médiatiques des plans de refonte du système pour que l’éducation change.

 

Instruction alors, puis éducation, à présent formation.

Et aussi parcours de formation, modules, étapes, contrôle en cours de formation, validation des acquis…

 

Quid de culture, art, langues régionales, poésie, littérature, sport ?

 

Les postes, les emplois du temps subissent les contraintes budgétaires et sont soumis à la loi du marché.

Réduction du temps de travail pour tous les élèves, coupes dans les programmes mais augmentation de la charge de travail.pour les équipes pédagogiques.

 

L’égalité des chances ? Des programmes hachés menus, des impasses sur la culture générale et le savoir débité en tranches de saucisson, fines, fines !

Pour une réussite aux examens maximale !

 

Si celle-ci entraîne l’intégration dans le milieu du travail on applaudit…or les entreprises exigent des employés au niveau supérieur, se prennent à la manne de la formation pourvoyeuse de crédits supplémentaires, de déductions d’impôts.

 

Et les programmes proposent aux enfants et aux jeunes des portions de plus en plus congrues.

 

Où est-elle l’offre de la République  d’une école de l’excellence partagée et juste?

Elle devrait être dans le regard des citoyens envers elle, dans la reconnaissance des compétences et difficultés, dans l’accompagnement aux mutations de société et de famille

Elle devrait être dans le refus de la médiocrité et dans la recherche de l’excellence.

 

Hélas ! Les hauts dignitaires qui la gèrent bafouent en les trahissant les valeurs de l’Ecole, lieu de transmissions, de transformations et d’adaptation s’il en est, valeur refuge pour les enfants perdus de la mondialisation, de l’audimat et de la téléréalité.

 

La rentrée scolaire pour beaucoup d’enseignants aujourd’hui c’est la résignation à l’ordre décidé, l’abaissement du niveau revendiqué, le non-respect de l’égalité, l’école des trucs et astuces, la malhonnêteté érigée en exemple.

 Rentreront-ils tous dans le rang ?

 

« Le premier devoir, c'est le respect dans l’école, respect des enseignants et respect des élèves entre eux, l’ordre de l’école face à l’ordre de la rue ; c'est-à-dire l'ordre assuré par des enseignants et des surveillants, et non pas par des policiers.

 

(Le)deuxième élément, l’excellence des parcours, pour les élèves qui le méritent. Au lieu de la médiocrité pour tous, médiocrité qui est mortelle là où ça va mal, je veux défendre le principe de l'excellence scolaire, comme une réévaluation de la mission républicaine de l’école républicaine, au lieu du ghetto accepté, auquel on se résigne. » 

François Bayrou

 

 

 

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