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08.09.2008

Rentrée à l'université

Très entouré.JPGVendredi 5 septembre j’ai fait, avec plus de 1700 adhérents, ma rentrée à l’université du Modem. Session de 3 journées d’intense activité autour de François Bayrou et d’un projet de société nouveau.

Rassemblement des militants autour des ténors du Mouvement démocrate et d’invités prestigieux, issus de la société politique et civile.

Au départ, hormis le fait de vivre durant trois jours aux côté de ceux qui font l’actualité  du Modem et l’enthousiasme que provoque cette proximité, je m’apprêtais à passer des journées mêlant études, forums et détente partagés.

Rien de bien original mais un programme ficelé autour d’interventions pointues et à large spectre  qui passait de la politique française à celle de l’Europe, à la littérature, l’économie, l’écologie, l’Internet, la communication, la démocratie : bref la société actuelle passée au crible, et l’ouverture vers le projet de société du Modem : un bon programme d’études de rentrée.

Au hasard des salles et des allées, d’un atelier à une conférence, j’allais, studieuse ou passionnée. Les interventions brillantes se succédaient, les applaudissements saluaient chaque prestation. Quelque chose manquait, une cohérence, de l’exaltation peut-être ?

Rien de plus n’alimentait l’espoir qu’avait fait naître F.Bayrou d’une société nouvelle, basée sur une autre orientation et d’autres axes.

Le discours était là, carré, musclé, ferme envers N.Sarkosy, ferme quant aux positions à prendre dans tous les domaines, passionné toujours, alimentant encore la ferveur des adhérents.

Et je réalisai soudain le lien distendu avec la base.

Malgré la joie d’être réunis autour du leader démocrate et de ses colistiers, les adhérents ressentaient de l’éloignement entre leurs aspirations et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Formés « sur le tas » et ayant acquis un degré de connaissance de « la chose politique » accéléré, ils avaient nourri leurs propres convictions, et alimenté leurs connaissances au point que le niveau de l’ensemble avait bien changé.

A ceux-là le discours ne suffisait plus, ils attendaient des propositions concrètes applicables à tous les secteurs pour asseoir sur d’autres bases la société à laquelle ils croyaient.

Faute de quoi, les discours semblaient plus creux, les interventions répétitives.

 

Quand au bord de la nuit de samedi, et alors que le ciel se couvrait de lourds nuages, une embellie surgit.

 

Au détour de la rencontre avec Fred Vargas, invitée sur le plateau de la nuit auprès de F.Bayrou et Marielle de Sarnez, et qui rallie d’un trait jubilatoire la politique et la littérature, en les axant sur l’homme.

Un espace de vérité, de femme à homme, un échange vrai.

 

Les adhérents y ont retrouvé de l’espoir.

 

4e-fred-vargas-livres-magazine-10547.jpgFred Vargas

  

  Extrait

… « Lucio remua les lèvres, mâchant sa cigarette éteinte.
- Vous voyez cela? dit-il en levant son avant-bras droit.
- Oui, répondit Adamsberg avec respect.
- Perdu quand j'avais neuf ans, pendant la guerre civile.
- Oui.
- Et des fois, ça me gratte. Ça me gratte sur mon bras manquant, soixante-neuf ans plus tard. A un endroit bien précis, toujours le même, dit le vieux en désignant un point dans le vide. Ma mère savait pourquoi: c'est la piqûre de l'araignée. Quand mon bras est parti, je n'avais pas fini de la gratter. Alors elle me démange toujours.
- Oui, bien sûr, dit Adamsberg en tournant son ciment sans bruit.
- Parce que la piqûre n'avait pas fini sa vie, vous comprenez? Elle exige son dû, elle se venge. Ça ne vous rappelle rien?
- Les étoiles, suggéra Adamsberg. Elles brillent encore alors qu'elles sont mortes.
- Si on veut, admit le vieux, surpris. Ou le sentiment: prenez un gars qui aime encore une fille, ou le contraire, alors que tout est foutu, vous saisissez la situation?
- Oui.
- Et pourquoi le gars aime encore la fille ou le contraire? Comment cela s'explique?
- Je ne sais pas, dit Adamsberg, patient. Entre deux coups de vent, le petit soleil de mars lui chauffait doucement le dos et il était bien, là, à fabriquer un mur dans ce jardin à l'abandon. Lucio Velasco Paz pouvait lui parler autant qu'il le voulait, cela ne le gênait pas.
- C'est tout simple, c'est que le sentiment n'a pas fini sa vie. Ça existe en dehors de nous, ces choses-là. Il faut attendre que ça se termine, il faut gratter le truc jusqu'au bout. Et si on meurt avant d'avoir fini de vivre, c'est pareil. Les assassinés continuent à traîner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse.
- Des piqûres d'araignée, dit Adamsberg, bouclant la boucle.
- Des revenants, dit gravement le vieux. Vous comprenez maintenant pourquoi personne n'a voulu de votre maison? Parce qu'elle est hantée, hombre.
Adamsberg acheva de nettoyer l'auge à ciment et se frotta les mains.
- Pourquoi pas? dit-il. Cela ne me gêne pas. Je suis habitué aux choses qui m'échappent.

Lucio leva le menton et considéra Adamsberg avec un peu de tristesse.
- C'est toi, hombre, qui ne lui échappera pas, si tu fais ton malin. Qu'est-ce que tu te figures? Que t'es plus fort qu'elle?
- Elle? C'est une femme?
- C'est une revenante du siècle d'avant avant, de l'époque d'avant la Révolution. Une vieille malfaisance, une ombre.

  Le commissaire passa lentement la main sur la surface rugueuse des parpaings.
- Ah oui? dit-il d'un ton soudain pensif. Une ombre? … »

Ce texte est extrait de Dans les bois éternels de Fred Vargas. Copyright Viviane Hamy. 

 http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/06/19/le-fabuleux-dest...

 

 

 

 

Commentaires

Bonjour,

Je n'ai jamais perdu espoir. C'est marrant de penser toujours à focaliser sur cette coupure entre le haut et nous. Bien sûr il y a 1000 km avec Paris, quand on est niçois. Bien sur il y aun président de parti, ancien ministre, ancien candidat. Je l'ai trouvé comme à chaque fois disponible sur ces trois jours.
Effet ou réalité, n'ayant pas assisté à la rencontre avec Vargas, je ne comprends pas le lien que tu fais. Certaines personnes n'ont pas du tout apprécié ce forum.
Cordialement

Ecrit par : F Bénard | 13.09.2008

Il est intéressant que les points de vue diffèrent et rassurant que nous puissions en débattre. Ressentir un lien distendu avec la base est un point de vue strictement personnel, que j'ai ressenti malgré la proximité avec les têtes du Mouvement! Il n'y a aucun rapport entre leur jovialité, leur proximité avec les adhérents et militants- François Bayrou m'a serré la main et nous avons échangé quelques minutes- et l'écart constaté.
Il s'agit pour moi de retourner aux fondamentaux, non pas ceux du discours brillant et humanitse de fin d'université de rentrée, mais de vraie collaboration avec la base. Autour de nous existent des personnes dont l'avis compte, dont la fréquentation est un plus, avec lesquels nous pouvons réfléchir et agir.Je pense qu'il n'y a pas incompatibilité entre mise en place d'une structure pérenne et ouverture.

Ecrit par : pascale | 13.09.2008

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